nathalie pirotte:
“peaux et fourrures”
Sage-pas
sage ?
J’ai
eu envie de peindre des corps érotisés de femmes-animaux
pour représenter un certain côté instinctif de la
femme.
Ces sujets sont souvent présentés de façon assez
hiératique, peut-être emblèmatique.
Sans le vouloir, sont apparues des connotations à toutes sortes
de mythologies, légendes, artistes, …, de cultures très
diverses.
J’ai voulu tout d’abord peindre de manière réaliste et assez
classique à l’aide de moyens techniques douçâtres,
des sujets ambigus. J’ai plaisir à peindre les flous les voiles
et les fourrures.
Doser les zones de vides, aux silhouettes découpées, les
zones de matières et les zones plus rythmées ou plus graphiques,
me semble techniquement important.
Le contraste est aussi inclus dans le choix d’utiliser des matériaux
pauvres, particulièrement féminin, actuels, proche du kitsch,
sur une « sacro-sainte » peinture à l’huile.
Dans
les cires, la surface réfère à la peau de part sa
matière et sa couleur.
Il s’agit de silhouette de femme dans d’autres silhouettes de femmes.
Là aussi les interprétations peuvent être multiple
mais moi j’y vois le côté sage–pas sage ici aussi : fantasmes,
rêves, côté secret de chacune d’entre nous.
La femme-renarde (Huli Jing) est un personnage récurent des contes
de Pu Songling, intitulés Liaozhai Zhiyi (Contes étranges
du studio du bavard)1.
Il s´agit d´un renard qui a la capacité de prendre
forme humaine. Se métamorphosant le plus souvent en une «
charmante et agréable » jeune fille pour séduire les
héros, la femme-renarde est décrite tantôt comme un
démon tantôt comme un être bienfaisant.
Cette double catégorisation du personnage n’est pas absurde dans
la conception de la pensée chinoise. Elle est bienveillante ou
malfaisante, selon son partenaire. Sa transformation n’est pas l’objet
d’une chute, d’une fatalité comme dans Les Métamorphoses
mais d’une élévation de l’être. Sa beauté est
indescriptible (indiscible) , elle incarne la séduction fatale
: une vraie « beauté du diable ». Plus que belle physiquement,
elle est également érudite. Son instruction est complète
puisqu’elle est initiatrice du corps et de l’esprit.
A la fois proche et éloignée des figures de la femme fatale
et de la goule, son rôle dans les contes n’est pas déterminé
mais il le devient une fois que l’homme a fait son choix. Ainsi, la femme-renarde
semble être une figure « salvatrice » pour l’homme même
si elle fait partie de la famille des démons.
N.P.
http://www.reversdevenus.com
http://nathalie-pirotte.over-blog.com/
Exposition
du 6 janvier au 27 janvier 2007.
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