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Ouvrez !
Luc Caregari
La galerie Frank Gerlitzki ouvre avec
« On The Move » une petite lucarne sur le marché de
l'art international.
Rien que le fait de trouver une galerie
d'art à Bonnevoie - quartier très vivant, mais pas
très glamour - est remarquable. Loin de nous tous ces grands
espaces stériles, murs blancs et visiteurs gênés :
ici, l'ouvrier, le clochard et le junkie passent tous les jours devant
les fenêtres de la galerie. On ne sait pas s'ils la remarquent,
en tout cas, s'ils y jetaient ne serait-ce qu'un coup d'oeil, ils
verraient sûrement pas mal de choses intéressantes qui
leur épargneraient même une visite au Mudam.
L'exposition
en cours reflète bien les tendances interdisciplinaires
actuelles. Il y a premièrement les toiles d'Eric Bächthold
qui accueillent l'oeil du visiteur dès le premier regard. Ces
grandes images reprennent des thèmes ethnographiques - en fait,
on dirait des peintures aborigènes d'Australie - sans pourtant
tomber dans le kitsch. Les motifs végétaux, comme des
branches d'arbres ou des motifs plus abstraits, laissent assez de place
aux interprétations les plus diverses, et restent en même
temps agréables à l'oeil.
A l'intérieur, le
visiteur se retrouve au milieu d'une myriade d'oeuvres provenant d'une
dizaine d'artistes. Vidéos, installations, sculptures et
peintures s'arrangent comme un pot-pourri d'art contemporain. Il y a
des calligraphies simples mais harmonieuses qui caressent la vue, des
ébauches comme arrachées du calepin de l'artiste qui se
retrouvent paradoxalement encadrées, ou encore des peintures
où des fleurs gigantesques débordent le cadre.
L'intérêt principal est que le galeriste arrive à
conjuguer des artistes européens avec des créateurs venus
de Chine et d'autres pays d'Asie - comme Kyoko Inatome et Ciub Xiang Ju
- sans que cela ne saute aux yeux. Une belle preuve de
l'universalité de l'art contemporain.
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