françois jeune:
peinture sur peinture
Le
signe en réserve
Les dernières oeuvres de François Jeune se débattent
manifestement avec le problème du
signe. Rien de calligraphique cependant, rien de dessiné, ni même
de linéaire. François
Jeune demeure un puissant coloriste. Tout concourt même à
empêcher le pinceau de se
faire calame puisque ce sont des réserves qui font comme des signes
en négatif. Nonécriture,
donc, signes non marqués. C’est bien le signe qui est en réserve,
et non la
peinture. Dans ses petits formats en effet, le peintre utilise un fond
peint ready-made (des
reproductions d’enluminures persanes ou médiévales le plus
souvent, des reproductions
de peintures parfois) selon un procédé qu’il nomme «
peinture sur peinture ». Qu’est-ce à
dire sinon que le signe s’y donne comme rapport à soi de la peinture,
par-delà tout geste
d’inscription ou de marquage sur la peinture ? Qu’est-ce à dire
sinon qu’une peinture
n’est pas le recouvrement d’une surface mais la venue à la surface
d’une profondeur –
une « sortie de l’abyme » ?
Bertrand Prévost
A l’occasion de l’expo chez Frank Gerlitzki paraîtra un article
dans “Art absolument”
Exposition du 17 mars au 7 avril 2007.
|